mardi 16 mars 2010

Les stratèges de Sarkozy

On les connaît peu. Après les élections régionales, on sait maintenant qu’ils sont nuls. « Nicolas, dans ton intérêt il faut les virer vite fait ! »

Comment peut-on accumuler ainsi les bourdes et rater successivement : la stratégie, la campagne électorale et les réactions post résultats ? Nous ne sommes pas loin du livre des records !

D’abord la stratégie. L’enjeu était de reprendre des régions au PS, dans un contexte rendu difficile par la Crise économique mondiale et l’impopularité grandissante du pouvoir, il nécessitait donc une stratégie performante.

La stratégie porte d’abord sur les alliances et puis sur les thèmes de campagne. Or on nous a proposé une stratégie de campagne présidentielle regroupant dans une seule candidature les diverses composantes de la majorité. Les vieux cons d’autrefois (Mitterrand, Chirac…) savaient qu’il fallait ratisser large au premier tour pour remporter une élection, en présentant plusieurs listes ! En s’alliant avec De Villiers, par exemple, on alimente stupidement l’électorat de Le Pen que l’on a eu du mal à conquérir avec les promesses de la campagne Présidentielle. On se prive ainsi de réserves de voix pour le second tour comme disent avec raison les médias.

Pour mobiliser l’électorat de droite, l’arme fatale retenue pour la campagne a été le débat calamiteux sur l’identité nationale. Ce thème évidemment sécuritaire mais du type" gros sabots" n'a été introduit que pour attirer l’électorat Le Pen. Tout le monde en a été convaincu à droite comme à gauche. Cette stratégie s’est rapidement retournée contre ses auteurs puisque Le Pen a superbement exploité ce thème pour appuyer ses propres thèses, en s’y référant d’ailleurs maintes fois dans ses discours. Il a fallu trop tardivement envoyer le pompier Fillon pour éteindre l’incendie et mettre un terme a ce débat qui ne reprendra pas de sitôt. Il faudra trouver autre chose pour la Présidentielle. On peut aussi se demander si le sinistre ministre Eric Besson qui a défendu ce thème de campagne, n’était pas après tout une taupe envoyée par le PS à l’UMP pour lui faire perdre les élections !

Personne ne s’est étonné des résultats catastrophiques pour l’UMP. Mais les stratèges ont alors a nouveau frappé ! Comment peut-on imaginer commentaires plus stupides que ceux qu'ils ont mastermindé et que sont venus réciter sur les antennes, les responsables disciplinés de l’UMP pour tenter de sauver la situation. Alors que, devant un tel désastre électoral, il n’y a qu’une attitude positive possible c’est de convenir de l’échec et annoncer que des leçons en seront tirées ! C’est la seule attitude responsable que les électeurs habituels de la Droite qui ont voulu protester en s’abstenant ou abandonnant leur parti, puissent comprendre.

Au lieu de cela nous avons eu droit a ces commentaires téléguidés de nature à décrédibiliser encore plus la politique et ses représentants ! Monsieur Fillon avez vous pensé que vos commentaires lénifiants ("rien n'est joué pour le 2ème tour") expriment un mépris total pour vos électeurs qu'ils aient voté ou non?

Quant à la participation médiocre des électeurs (45%), c’est le fait principal de l’élection, les raisons en sont simples. La région, personne ne sait à quoi elle sert : les socialistes sortants se sont d’ailleurs bien gardés de mettre en avant leur bilan et l’opposition d’afficher clairement des projets séduisants. Les enjeux étaient peu clairs et les électeurs peu intéressés.. Les élections régionales précédentes avaient bénéficié du regroupement avec l’élection des représentants cantonaux, plus proches des électeurs qui se déplaçaient pour aller voter pour ceux-ci.

Par conséquent ces élections n’ont peut-être jamais intéressé les Français qui voient plus dans la région une activité budgétivore que bénéfique pour leur vie quotidienne. On parle beaucoup de réformes administratives dans ce pays depuis deux ou trois ans, mais quand allons nous commencer ?

Le pouvoir a d’autre part accumulé les maladresses, en déclarant qu’il ne s’agissait pas d’un enjeu national, mais tout en envoyant un certain nombre de ses ministres au « casse pipe »! Puis ayant fait mine de ne pas s'y intéresser, il est intervenu tardivement et maladroitement dans la campagne croyant pouvoir limiter les dégâts, et transformant ainsi l’élection en un vote pour ou contre Sarkozy. ! Et puis les Français, soûlés par les discours de réforme , attendent toujours la première qui va changer leur vie quotidienne.

« Nicolas, toi qui a déclaré maintes fois que l’on ne pouvait pas maintenir dans leurs fonction des gens qui échouent, vire nous tous ces stratèges tout de suite !
….a moins bien sûr que le stratège ce soit toi, et alors il te faudra bien réfléchir aux décisions à prendre ! »

Au fait, les élections régionales, ça sert à quoi ?

Mars 2010

vendredi 15 janvier 2010

Mufleries Politiques

François Peillon a annulé hier soir sa participation à l’émission d’Arlette Chabot « A vous de juger » alors que l’émission venait de commencer, et à laquelle sa participation était prévue depuis longtemps, selon des modalités arrêtées en Décembre dernier.

Cette émission avait pour invité Eric Besson qui devait d’abord débattre avec Marine Le Pen et ensuite avec lui. Dans un communiqué il explique sa désertion en déclarant qu’il a été « piégé » par l’animatrice dont il demande la démission ! Rien que ça !

Il explique ensuite qu’il n’était pas d’accord avec cette émission et qu’il voulait « faire un coup » C’est certainement un mensonge et une mauvaise façon d’expliquer une lâcheté décidée tardivement, faute d’avoir réfléchi, plus tôt aux risques qu’il voyait pour lui dans la participation à une telle prestation télévisée. Il expliquait d’ailleurs encore le matin même à Guillaume Durand comment il envisageait d’argumenter dans le débat du soir !

Quel mépris affiché pour les responsables de France Télévision qui, on peut l’espérer, ne lui redonneront pas de sitôt l’opportunité de s’exprimer sur leurs antennes !

Quel mépris pour les gens avec qui il était supposé débattre !

Quel mépris pour les téléspectateurs qui avaient réservé leur soirée pour le voir exposer ses idées.

Mais quel coup de main magnifique au Front National qu’il prétend combattre, et qui on peut en être sûr tirera tous les marrons du feu de cette émission. D’autant plus que malgré son courage, Eric Besson a été loin d’être à la hauteur face à Marine Le Pen, d’abord en étant discourtois envers elle, ce qui est en soi un aveu de faiblesse, et ensuite en faisant dériver le débat sur des sujets annexes pour éviter de répondre à certaines questions pertinentes, selon une vielle méthode politicienne éculée très connue.

Quand donc nos hommes politiques de droite ou de gauche comprendrons-t-ils qu’ils perdent toute crédibilité en voulant combattre l’intolérance par l’intolérance ? La Droite comme la Gauche, à travers tous les discours et les initiatives, donnent en ce moment vraiment l’impression de vouloir remettre en selle le Front National quelque peu désarçonné par la dernière élection présidentielle. Il faudra qu’ils en paient un jour le prix.

Janvier 2010

jeudi 7 janvier 2010

Délit de sale gueule

Nos compatriotes d’origine Maghrébine se plaignent d’être trop souvent contrôlés par la Police qui les interpelle disent-ils en fonction de leur faciès. C’est sans doute vrai et on comprend très bien qu’ils en soient agacés et qu’ils considèrent les agents comme des racistes.

Ils devraient cependant s’interroger sur les motifs de cette sélection. Les agents de police ne sont pas plus racistes que le Français moyen. Ils font simplement leur travail du mieux qu’ils peuvent et en recherchant l’efficacité que leurs supérieurs attendent d’eux. S’ils interpellent plus souvent certains individus, c’est sans doute parce que ceux-ci font sans doute partie d’une communauté qui a un pourcentage d’actes délinquants supérieur à la moyenne. Ils jugent de cela d’après leur seule expérience, car les lois de la République rendent impossible d’effectuer des statistiques par communauté. Ils surveillent simplement les individus qui ont la plus grande probabilité d’être des fauteurs de trouble. Par conséquent le problème ne vient pas seulement de la police mais aussi de cette communauté qui devrait « s’introspecter ».

Dans la lutte contre le terrorisme, les autorités policières de tous les pays, surveillent avant tout des Musulmans parce qu’il, est évident que ce sont les Islamistes les plus dangereux. Personne ne trouve quoi que ce soit à redire à cette approche, personne ne demande que l’on surveille de la même façon les Juifs ou les Chrétiens dont les extrémistes se rendent rarement coupables d’actes criminels !

Avant de critiquer les méthodes de la Police, nos compatriotes d’origine maghrébine devraient donc avant tout faire un peu le ménage entre eux pour modifier leur réputation. Ce n’est pas facile, mais c’est la condition de leur complète intégration dans la population Française. Cela pourrait commencer par exemple par la condamnation systématique de tout acte répréhensible commis par leurs coreligionnaires. Nous n’avons pas vraiment entendu la condamnation des attentats du 11 septembre par la communauté Musulmane. Pire, on a même pu avoir l’impression que certains en retiraient une certaine fierté !

La difficulté réside aussi dans le fait que cette communauté est dépourvue de leader ou de porte parole officiel. Les gens que l’on entend le plus sont souvent les Islamistes, et l’immense majorité modérée de cette religion reste muette. On peut pour une fois saluer les efforts du Ministre de l’Intérieur Sarkozy quand il s’est évertué à convaincre les Musulmans de se doter de structures représentatives de leur communauté. Encore faudrait-il, que celles-ci s’imposent, sortent de leur discrétion habituelle et se décident à communiquer.

Janvier 2010

mercredi 6 janvier 2010

Médiocrisation

Un nouveau débat est ouvert sur l’instauration de quotas pour permettre à 30% d’élèves dits boursiers d’intégrer les Grandes Ecoles. Sous couvert de réformes, revoilà la machine à détruire en route à nouveau. Comme nos responsables politiques n’ont pas le courage de réformer ce qui doit l’être dans l’enseignement, ils s’attaquent donc à des changements qui pensent-ils vont réunir un consensus où ils n’auront pas à affronter les syndicats, et qui vont leur permettre de mettre leur nom sur une nouvelle loi. On ne peut rien changer dans les Universités, alors attaquons nous aux Grandes Ecoles, cela fera moins de bruit !

Si les Universités Françaises sont très loin dans tous les classements internationaux, nos Grandes Ecoles par contre jouissent d’une excellente réputation, et ceci est évidemment intolérable pour certains. Au lieu de travailler à l’amélioration de nos Universités, ils ont une meilleure idée : baisser le niveau des Grandes Ecoles !

Ceci serait un crime contre notre pays.

Certains parlent même de fusion ou de regroupement autour de soi-disant pôles de recherche. On les voit venir avec leurs gros sabots! Dans l’état actuel des choses et pour certains aspects, selon un vieux dicton Américain, ce serait comme mélanger la glace à la vanille avec de la boue, cela n’améliore guère la boue, mais on sait ce que cela fait à la glace à la vanille !

Pourquoi cette différence entre les Grandes Ecoles et nos Universités ?

Elle ne vient pas de la qualité professionnelle des enseignants, mais les Universitaires sont malheureusement les victimes d’un système qu’il faut changer.

D’abord, le nombre d’élèves est différent. Les Grandes écoles sont de petites entités, plus faciles à gérer, c’est vrai. Mais qu’est-ce qui empêche l’Université, si nécessaire, de se décentraliser structurellement par discipline par exemple et de créer aussi de petites entités plus faciles à maitriser et à dynamiser ?

Les Grandes écoles ont aussi une grande autonomie de gestion. La loi Pécresse votée récemment, si toutefois elle entre dans les faits, va donner cette autonomie aux Universités et donner aux Présidents les moyens d’action nécessaires pour rendre leurs formations plus attractives et performantes, et leurs diplômes plus recherchés. Saluons cette réforme, courageuse pour une fois, mais dont le succès dépendra bien sûr des Présidents d’Université.

On reproche aux Grandes Ecoles la sélection qui attire vers elles les éléments les plus brillants. C’est vrai et cela le restera très longtemps tant que les Universités n’auront pas elles-mêmes créé les conditions pour attirer ceux-ci dans leurs meilleurs Etablissements. L’Université doit revoir son mode d’accueil des étudiants et doit, elle aussi, pratiquer la sélection. Elle doit certes accueillir tout le monde, mais elle peut orienter les étudiants suivant leurs capacités dans les établissements plus ou moins réputés. Après tout, les Grandes Ecoles ont aussi leur hiérarchie. Il est plus difficile d’entrer à HEC que dans une école de Commerce de province même ayant très bonne réputation.

La sélection est souvent considérée comme un tabou par certains, qui s’imaginent que l’on peut attirer les jeunes les plus brillants dans les Universités en leur réservant la même formation qu’à tous les autres ! La sélection est nécessaire et notre pays a besoin d’élites que notre système d’éducation doit secréter.

Mais le plus grand handicap de l’Université est, tout le monde le sait, la ringardise des syndicats d’enseignants qui s’opposent systématiquement et depuis toujours à toute réforme, de droite comme de gauche, creusant ainsi d’ailleurs, chaque jour un peu plus, le fossé avec les Grandes Ecoles. C’est ça le vrai problème de l’Université. Et aucun responsable politique n’a le courage d’imposer aux syndicats les transformations que tout le pays attend, ceci par crainte des manifestations dans la rue, d’enseignants à qui il est naturellement très facile de manipuler et d’entraîner leurs élèves. On ne compte plus les grèves des facs. Qui a entendu parler de grèves dans les Grandes Ecoles ?

Vouloir donner à tous les jeunes des chances de pouvoir entrer dans les meilleures écoles est une préoccupation très légitime, mais il est pour cela préférable d’aider ceux qui sont défavorisés, lors de leur formation secondaire ou supérieure afin de les préparer à passer les concours. Ceci aurait l’avantage de ne pas baisser le niveau de recrutement comme ce qui est proposé dans la réforme en débat.

Mais on peut aussi se demander s’il s’agit d’un problème réel car on constate souvent qu'un grand nombre des élèves des Ecoles d’Ingénieurs, par exemple, viennent de milieux modestes et de milieux d’enseignants.

Enfin, voila un nouveau débat très médiatisé, du type de ceux que le gouvernement à l’habitude de lancer et qui nous entraîne très loin des préoccupations sérieuses des français : crise économique, chômage, pouvoir d’achat, …

Janvier 2010

mercredi 30 décembre 2009

La taxe carbone sera-t-elle efficace? (suite)

Elle est incontestablement mal partie après le rejet du texte de loi par le Conseil Constitutionnel, rejet qui constitue une gifle pour le Gouvernement et le Parlement.

Comment peut-on comprendre que nos élites soient à ce point ignorantes du droit constitutionnel au point de faire voter des lois dont le risque d’inconstitutionnalité soit aussi patent ? On se demande si un peu de réflexion ne devrait pas précéder toute action exécutive ou législative ! Dans un Etat qui se dit de droit, il ne suffit pas d’avoir de bonne idées, voire même de réunir un consensus droite gauche, pour légiférer n’importe comment.

Le gouvernement va revoir sa copie pour proposer une nouvelle cote mal taillée, assortie bien sûr d’une nouvelle « usine à gaz ». Il ferait mieux de convaincre les autres pays d’adopter la même politique, faute de quoi cette loi ne pourra jamais avoir aucune utilité, sans pénaliser notre industrie et notre commerce.

Mais cet épisode de notre vie politique apporte une fois de plus la preuve des mensonges habituels des hommes politiques. Quand ils ont eu l’idée de créer cette taxe carbone, ils ont tout de suite déclaré que bien sûr il ne s’agissait pas d’un impôt nouveau, et que son produit serait intégralement redistribué ou compensé (sic !).
Or ce matin on peut lire dans le journal Le Parisien les propos d’un homme politique de droite déclarant que la décision du Conseil Constitutionnel représentait une perte de 2 milliards d’euros pour l’Etat ! No comment !

Comment les responsables politiques au pouvoir peuvent-ils mentir aussi impunément aux Français ? Comment peut-on avoir la moindre confiance dans leurs déclarations ? Ils décentralisent l’administration en affirmant que les budgets relatifs seront aussi décentralisés : Faux. Ils suppriment la pub à la télé en affirmant que les recettes seront intégralement compensées : Faux. Ils suppriment la taxe professionnelle en déclarant que cette ressource pour les communes sera compensée : aucun Maire ne les croit. Les exemples de ce genre sont innombrables.

Ségolène Royal, malgré tous ses défauts, a parfois des formules justes. En particulier il y a quelques mois elle promouvait la « communication par la preuve » Voilà le problème des hommes politiques. Ils font trop de déclarations, vite oubliées, et ne se préoccupent pas de leur service après vente, soit parce qu’ils savent que leurs déclarations ne se traduiront pas dans les faits, ou trop lentement, ou soit parce qu’ils sont occupés à faire autre chose ! Demandez aux Français aujourd’hui de nommer les réformes Sarkozy qui ont changé leur vie depuis deux ans, la plupart d’entre eux ne sauront que répondre.

Aurons nous un jour en France au pouvoir des hommes politiques qui redonneront aux Français l’envie d’avoir confiance en eux? Une utopie peut être, mais sans aucun doute indispensable pour la survie de notre chère démocratie.

Dec 2009

mercredi 23 décembre 2009

Tempête dans un verre d'eau

La machine infernale de la pensée unique politico-médiatique vient de s’emballer à nouveau. Il a suffit d’une simple déclaration d’un député en séance de travail partisane, une secrétaire d’état en mal d’être connue quitte la salle pour protester, des déclarations définitives sont faites, les médias s’embrasent, des politiques laoudspiquent, bref la fin du monde n’est pas loin !

Pascal Clément, ancien ministre, a eu l’abominable maladresse de dire que le jour ou la France comptera autant de minarets que d’églises, ce ne sera plus la France ! Quel scandale !

On se demande vraiment ce qui peut choquer dans cette déclaration avec laquelle une très grande majorité de Français peuvent être d’accord. Nous aimons tous notre France, nous sommes tous attachés à sa culture, à ses paysages, au charme de ses petits villages dominés par leur clocher, et tout en acceptant, et respectant, les autres religions, il est après tout normal que nous défendions notre cadre de vie qui a traversé les siècles et que nous souhaitons laisser aux générations futures.

Nos voisins Suisses viennent de voter contre la construction de minarets dans leur pays. Contrairement aux caricatures dont ils ont été l’objet, ils n’ont pas demandé l’arrêt de la construction des mosquées, mais ils voulaient simplement préserver le caractère de leurs cantons, de leurs villes et de leurs villages !

Mais nos belles âmes de la pensée unique ne l’entendent pas de cette façon. Il leur faut s’opposer à tout prix a toute déclaration qui pourrait être le moindre début de commencement de signe d’une opposition à une autre communauté. Bref, combattre l’intolérance par l’intolérance ! Elles n’hésitent pourtant pas à faire de la provocation en votant ou en préparant des lois sur l’interdiction du voile ou de la Burqa, lois qui offensent beaucoup plus les Musulmans que les propos de notre pauvre Pascal Clément !

La volonté de défendre la culture de son pays, son cadre de vie, le souhait de vivre dans une communauté de gens ayant des traditions, une religion ou des coutumes que l’on aime, sont des motivations tout aussi légitimes que l’universalisme défendu par certains. Nos compatriotes Corses nous rappellent souvent leur aspiration à vivre entre Corses dans un pays, une nature qu’ils veulent préserver. On peut critiquer leurs moyens d’action fort répréhensibles et leur rejet des autres, mais après tout leur désir de vivre entre eux peut se comprendre.

L’intégration de personnes de cultures différentes est un enrichissement pour notre pays, mais c’est avant tout un problème de dosage. Si les étrangers arrivent trop nombreux, alors c’est nous qui devrons nous adapter et ce n’est pas ce que nous souhaitons ! Nous pouvons très bien accepter qu’une famille étrangère s’installe dans une maison voisine, mais nous ne voulons pas vivre dans une rue où il n’y aurait que des étrangers et en plus de la même communauté. Nos belles âmes ne veulent pas comprendre cela, elles qui défendent des beaux principes, mais qui vivent rarement dans des quartiers dits ethniques ! Elles devraient aussi réaliser qu’un jour en vertu de ces principes, les Français pourraient devenir minoritaires dans leur propre pays. Qu’adviendrait-il alors des libertés qu’elles prétendent défendre ?

La France malheureusement abuse des lois, pour se donner la bonne conscience d’avoir réglé un problème et pouvoir dire ensuite aux émigrants qu’ils doivent respecter les lois de notre pays. Nous avons une loi sur le port du voile, nous préparons une loi sur la Burqa et gageons que l’idée d’une loi sur les minarets fleurira un jour dans la tête d’un de nos brillants politiciens. Pourquoi toutes ces lois ? N’y a-t-il pas d’autres moyens disponibles ?

Ne pouvait-on pas régler le problème du voile des enfants Musulmans en indiquant que les élèves en classe devaient se décoiffer par respect pour le professeur sous peine d’exclusion? Cela aurait permis d’une part de rappeler à tout le monde cette notion élémentaire oubliée, et d’autre part d’éviter de provoquer inutilement l’Islam, tout en forçant enfants Juifs et Chrétiens à abandonner les signes religieux qu’ils pouvaient porter depuis toujours. Il n’y aurait pas eu plus d’hypocrisie dans cette démarche que dans la justification au nom de la laïcité d’une loi qui voulait en fait protéger les jeunes filles Musulmanes contre la coercition de leur entourage.

Le problème de la construction des minarets, si les Français y sont opposés ce que l’on peut penser, peut lui aussi être réglé sans loi et nous avons un moyen très simple à travers les permis de construire. Qui d’entre nous n’a subi les tracasseries de l’Architecte des Bâtiments de France refusant de donner son aval à un permis parce que la forme d’une porte, d’une fenêtre ou d’une toiture, ou bien encore les types de matériaux utilisés n’étaient pas conformes au style de la région ? Sur quelles lois s’appuie-t-il pour interdire certaines constructions ?

En cette période de Noël, souhaitons que nos belles âmes pour une fois montent au ciel et nous fichent la paix.

Dec 2009

mercredi 9 décembre 2009

Décevante Amérique

L’élection du Président Obama a soulevé dans le monde entier un immense espoir, confirmé ensuite par ses premiers discours lorsqu’il a pris ses fonctions. Un Président Américain d’origine Africaine, né au milieu de l’Océan Pacifique, qui a passé une partie de sa vie en Indonésie devait avoir l’ouverture d’esprit pour comprendre le monde, établir des bonnes relations avec tous les pays et ses alliés en particulier.

Hélas la déclaration qu’il vient de faire sur un renforcement de l’action militaire en Afghanistan, lui mérite un vrai carton jaune. Ce n’est pas l’envoi de renforts que l’on peut lui reprocher, c’est peut être nécessaire pour aider les troupes déjà présentes dans le pays et qui se déploient dans des conditions très difficiles, mais la préparation de cette décision.

D’abord, une fois de plus l’Amérique décide toute seule de l’action à mener, et se retourne ensuite vers ses alliés de l’OTAN, pour leur demander de l’aider en ne leur laissant que le choix entre l’allégeance ou l’affrontement. Le grand changement aurait été que le Président des Etats-Unis réunisse ses alliés d’abord pour discuter du problème, prendre leur conseil et décider avec eux de la stratégie et des actions à entreprendre. Associer ses Alliés à une telle décision était quand même une chose élémentaire et aurait été le meilleur moyen d’avoir ensuite leur adhésion !

Les Français ont toujours été agacés dans le passé par cette attitude méprisante de l’administration Américaine et ils vont sans doute être une fois de plus taxés d’antiaméricanisme primaire, car ils sont dans leur majorité opposés à l’envoi de troupes, sans préjuger bien sûr de ce que décidera leur gouvernement.

Et puis augmenter nos moyens, cela représente une escalade vaine, si aucune stratégie nouvelle n’est définie. Le point le plus important est naturellement de gagner la confiance de la population locale dans ce que nous faisons en Afghanistan. D’abord en mettant au pouvoir un gouvernement en qui les Afghans se reconnaissent et en qui ils ont confiance. Ce n’est pas le cas actuellement ou les leaders ont peine à s’imposer (Monsieur Karzai est tout au plus le maire de Kaboul) et sont malheureusement souvent incompétents et accusés de corruption ! Ensuite en montrant concrètement ce que l’Occident peut leur apporter pour améliorer leur sécurité et leur qualité de vie. Cela devrait se faire en investissant dans les infrastructures du pays (routes, écoles, hopitaux…) en créant des entreprises qui fournissent du travail aux jeunes en particulier, et en formant des élites et des forces de l’ordre responsables.

Si nous ne redéfinissons pas une telle stratégie, et poursuivons les mêmes erreurs, les Afghans vont de plus en plus se tourner vers les Talibans. Par crainte d’abord, par ressentiment ensuite, parfois provoqué par nos malheureuses bavures sur les populations civiles, et tout simplement parce qu’ils savent ce qui se passera quand nous partirons.

A ce sujet, l’annonce par Obama d’un retrait de nos troupes à la mi 2001 est un désastre. Elle a sans doute été faite pour calmer l’opinion publique Américaine. Mais comment cette décision peut-elle amener les Afghans à avoir confiance en nous. Les Talibans peuvent bien rire et se dire qu’ils peuvent lever le pied pendant 18 mois tout en avertissant les populations de leur retour programmé. Prétexter d’autre part que cette annonce a pour but de mettre la pression sur le gouvernement Afghan pour qu’il prenne les choses en mains, est ridicule et incohérent lorsqu'on rappelle à longueur de discours que nous sommes en Afghanistan pour assurer notre propre sécurité!

Enfin, beaucoup seront déçus par un Président qui, malgré le Prix Nobel de la Paix qu'on vient de lui décerner, accentue l’effort de guerre de son pays ! Peut-être le Président Obama n’avait pas d’autre choix que l’envoi de troupes supplémentaires, mais il avait une bien meilleure façon de présenter les choses, en annonçant que les 30000 soldats seraient en fait prélevés sur les troupes stationnées en Irak qu’il s’était engagé à retirer.

Hélas ses conseillers n’ont sans doute pas pensé à cela !

Décembre 2009